Bière : Le guide de la bière

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La bière est l’une des boissons les plus consommées après le thé et l’eau. Boisson culte, elle est fabriquée depuis la nuit des temps. Elle est sans doute la toute première boisson fermentée du monde. Elle est universelle, mais jouit toutefois d’une diversité de goûts, de couleurs et d’odeurs surprenantes.

Compte tenu de cette diversité, elle possède un univers et un vocabulaire bien larges. Elle peut être ambrée, blanche, blonde, pilsner, IPA, à fort ou faible degré d’alcool, à fermentation haute, basse ou spontanée…. Aussi, chaque pays possède ses propres préférences en matière de bière et la brasse en fonction de ces dernières.

Voulez-vous tout savoir sur la bière ? L’origine, la fabrication, les types de bières existantes et même comment brasser votre propre bière ? Voici ce qu’il faut savoir pour ne plus être perdu.

Qu’est-ce que la bière ?

La bière est une boisson issue du brassage, de la cuisson et de la fermentation alcoolique d’un moût. Ce dernier n’est rien d’autre qu’un mélange de malt de céréales, de houblon, d’eau pure et de levure. Chacun de ces ingrédients possède un rôle bien défini dans la fabrication de la bière.

L’eau

C’est sans doute l’élément numéro un qui entre dans la production de la bière. Même si cela paraît surprenant, la qualité du produit final dépend de la qualité de l’eau qui a servi à sa préparation. La plupart des brasseries utilisent une eau traitée à défaut d’utiliser de l’eau de source pure.

Le malt

Généralement, il s’agit de l’orge germée qui est parfois additionnée à d’autres céréales comme le riz, le maïs, etc. Il existe deux types d’orge. L’un récolté à la fin de l’été et l’autre récolté au printemps. L’orge utilisée pour préparer la bière influence considérablement le goût de cette dernière.

Le houblon

Encore appelé orge verte, le houblon est une plante grimpante de la famille du chanvre. Il vit en moyenne deux ans avec une floraison par an. Il se récolte à l’automne et ses cônes sont ensuite séchés puis pressés.

Le houblon possède deux fonctions. Il est initialement utilisé pour ses vertus conservatrices puisqu’il est l’un des meilleurs conservateurs naturels. Il est aussi utilisé pour l’aspect aromatique et gustatif qu’elle procure à la boisson. Il est, en effet, responsable de l’amertume de la bière.

La levure

Elle peut être sauvage ou produite en laboratoire. Sans ce dernier ingrédient, il n’y aurait pas de fermentation. La levure est en fait un champignon unicellulaire qui s’alimente essentiellement de sucre et par la suite produit de l’alcool. C’est, en effet, ce processus qui est à la naissance de la fermentation du malt.

La boisson issue de la fermentation peut être produite industriellement ou artisanalement dans une brasserie. Cependant, les particuliers peuvent tous autant la produire. Dans l’Europe francophone, certaines régions comme l’Alsace, le Nord–Pas-de-Calais et la Belgique fabriquent encore la bière traditionnellement. Cette boisson est consommée à la pression, en bouteille ou en canette.

Il est à souligner que des herbes aromatiques ou des épices naturelles peuvent être additionnées à la bière. Mais à condition qu’elles ne corrompent pas au final la qualité et le goût de cette dernière.

De plus, une bière n’est en général constituée que d’ingrédients de provenance végétale. Cependant, le miel en est une exception. C’est la seule substance animale autorisée à entrer dans la fabrication de la bière. Pour finir, vous retrouverez tous les ingrédients qui entrent en compte dans la production d’une bière sur son étiquette.

Quelle est l’origine de la bière ?

Obtenir une boisson alcoolisée après fermentation de céréales, ce processus date des origines mêmes du monde. Cependant, son apparition demeure une énigme jusqu’à ce jour. Plusieurs versions entourent donc la naissance de la bière. Toutefois, il faut noter que la fabrication de la première bière remonte au VIII millénaire avant notre ère.

Quand les peuples nomades se sont implantés en Mésopotamie, les hommes se sont mis à la culture et à la récolte des céréales. Par la suite, ces peuples ont moulu puis bouilli ces céréales obtenant ainsi des bouillies et soupes épaisses. C’est alors ces bouillies et soupes négligées et laissées à la fermentation (grâce aux levures sauvages) à l’air ambiant qui ont donné naissance aux premières bières. Les premières bières n’étaient donc en principe que des bouillies fermentées, provenant du pain. À cette époque, procéder à la fermentation des céréales était le meilleur moyen d’obtenir une boisson à la fois énergisante, désaltérante et se conservant aisément.

C’est plus tard, autour du IVe millénaire avant notre ère, que les premières traces écrites sont apparues. Celles-ci proviennent de la Mésopotamie. Elles étaient des tablettes d’argiles laissées par les Sumériens, évoquant une vingtaine de variétés et recettes à base de bières. C’est donc sur ces tablettes qu’avait été évoquée une boisson fermentée d’orge, d’épeautre, de blé et de millet communément appelée à l’époque la Sikaru (pain liquide).

La technique de fabrication

La technique de fabrication décrite de ce pain liquide se confirme assez élémentaire. Des graines de céréales germées puis moulues servaient à former de petits pains qui étaient cuits au « » four » ». C’est un peu plus tard que les Sumériens les coupaient en miettes et les disposaient dans de grandes cruches chargées d’eau. Ce mélange est ainsi laissé à la fermentation alcoolique pendant plusieurs jours. Ils ajoutaient alors à la boisson obtenue, des dattes ou du miel pour aromatiser. Ce breuvage est enfin bu grâce à des roseaux qui empêchent en quelque sorte de boire des débris flottants dans le liquide.

Au fil des siècles, le diagramme de fabrication s’affina tout d’abord avec les Romains et leur cervoise. Par la suite, les Babyloniens révolutionnent le brassage de la bière et appliquent à sa fabrication des règles. Les toutes premières lois sues se retrouvaient dans le code du roi Hammourabi 2000 ans avant Jésus Christ. Elles portaient sur la production et les taxes. Des sanctions étaient alors prévues pour les mauvais brasseurs. Il faut quand même souligner pour finir que la brasserie de la bière s’est vraiment développée en Égypte antique.

Les 4 couleurs de bière

Dans les pays ayant une tradition brassicole comme la France et l’Italie, le classement en fonction de la couleur n’est pas anodin. Il en existe en effet, plusieurs types de couleurs. Ces couleurs de la bière sont données en EBC (European Brewing Convention) qui est une échelle de mesure de la couleur de la bière. Plus l’EBC sera élevé, plus ce malt aura tendance à former une bière foncée. Voici donc les 4 couleurs de la bière.

Les blondes

Elles regroupent les bières dont l’EBC va jusqu’à environ 25. Les malts utilisés pour la fabrication de cette bière sont généralement très pâles. Cela lui confère un arôme assez particulier tendant vers le fruité ou le floral. Les amateurs de bières la connaissent bien. Sa couleur varie du jaune au doré et tire sur le blond clair avec une saveur de caramel.

Légère, délicate, avec un soupçon d’amertume très fine, cette bière est l’idéal en cas de soif. Elle est très prisée à cause de son caractère désaltérant. Dans cette bière, les arômes du malt ne sont pas dominants comme ceux du pain ou du miel. En revanche, ceux du houblon et de la levure sont très perceptibles et dominants.

Ce sont sans doute les bières phares des grandes marques. Elles se retrouvent très souvent servies en demi pression et couramment présentées sur les étages de la grande distribution.

Les ambrées

Elles ont été produites pour la première fois dans les pays celtiques, plus précisément en Irlande, par les moines qui étaient maîtres du brassage et de la fermentation. L’EBC de cette bière est situé entre 26 et 35 EBC.

La couleur or ambrée ou cuivrée qui les caractérise s’explique par la composition du brassin. Ces bières proviennent en fait du malt qui, inversement aux bières blondes est ici torréfié à au moins 10 %. Les bières ambrées dégagent des arômes expressifs de réglisse, de noisette, de fruits secs ou encore de tabac selon le brasseur. Leur degré d’alcool environne les 8 °.

Dans la bouche, elles sont fraîches et savoureuses et souvent signées d’une note commune un peu saline et fumée comme noisettes, le pain ou le caramel. Même si les arômes et saveurs sont souvent identiques, ils peuvent quand même varier d’une bière à une autre. En effet, les matières premières utilisées et leur quantité ainsi que le savoir-faire du brasseur influent sur ces derniers.

Il faut souligner que cette couleur peut également provenir de l’utilisation de sucres colorés.

Les brunes

Avec une échelle située entre 36 et 80 EBC, les bières brunes proviennent du malt d’orge fortement torréfié et/ou de colorant (habituellement la variété de E150). Elles peuvent également provenir de bière colorante (un brassin non destiné à la consommation directe, brassé avec des malts extrêmement colorés, mélangé avec la bière à colorer) pour les pays condamnant l’utilisation de colorants.

À la fin de sa fermentation, la bière brune arbore une gracieuse robe couleur acajou tirant vers le noir ébène. Elle offre également des gammes aromatiques : café, cacao, pain d’épices, chicorée, chocolat… dû à ce malt torréfié. Lourd, acidulé et généralement amer à la fin, son goût est parfois surprenant en bouche pour les aspirants.

En outre, les bières brunes sont parfois désignées quand il s’agit de bières à fort taux d’alcool et amères. Cependant, ce n’est pas un cliché. La couleur de la bière est apportée par le malt et cela n’a aucun effet sur le degré d’alcool ou l’amertume. Il faut retenir qu’il est d’autant possible de trouver des bières brunes très fortes en alcool que de retrouver des bières brunes légères. De même, une bière brune peut ne pas forcément être plus amère qu’une bière blanche par exemple.

Les blanches

La couleur de cette bière est très claire. Cette couleur peut être obtenue à partir de 4 EBC. En principe, la bière blanche devrait être encore nommée bière de blé également appelée Weibier en Allemagne. Le blé est en fait le deuxième type de céréales le plus employé dans la production des bières de différents types et de toutes les couleurs.

En effet, une bière blanche est une boisson qui est composée à au moins 30 % de malt de blé et le reste de malt d’orge. Si le pourcentage de malt de blé est inférieur à 30 %, on ne considère pas cela comme une bière blanche. Le pourcentage de malt de blé peut toutefois être hissé jusqu’à 80 % dans certaines bières principalement allemandes comme le Schneider Weisse de la brasserie bavaroise.

Puisque la bière blanche est faite avec une céréale distincte de la plupart des bières, son goût reste unique avec une sensation d’acidité. Cela rend la bière hyper désaltérante et rafraichissante pour l’été. Elle est délicate et fraîche avec une note de parfums de pain, de miel et d’agrumes. Il est à noter que toutes ces particularités d’une bière dépendent aussi du type de fermentation que subit cette dernière.

Fermentation haute, basse ou spontanée ? Comprendre les différences.

La fermentation est une des étapes qui intervient entre le brassage et la filtration. Au cours de cette phase, les levures de bière vont transformer les sucres en alcool et en gaz et dégager des arômes. Il existe trois types de cette fermentation dite primaire : haute, basse et spontanée. C’est à partir de ces types de fermentation que sont différenciées les grandes familles de bières.

Fermentation haute

Cette fermentation est traditionnelle et dure de 3 à 8 jours. Deux caractéristiques importantes différencient cette fermentation de la basse. Il s’agit de la température de fermentation et du type de levure utilisé.

En effet, elle sollicite l’ajout au moût, des levures actives à température élevée. Ces levures sont de type Saccharomyces cerevisia et agissent entre 15 et 25 ° C. la particularité de ces levures est qu’elles remontent en surface une fois le glucose épuisé. Cette forme de fermentation donne des bières souvent considérées comme des bières de dégustation de types Ale. Plusieurs bières belges appelées spéciales et des bières ambrées découlent de cette catégorie.

Il est à noter que les bières issues de la fermentation haute se conservent moins bien.

Fermentation basse

Ce type de fermentation a été rendu célèbre grâce à « » Pils » » qui a été produite déjà au milieu du XIXe siècle à Pilsen. La fermentation basse, inversement à la fermentation haute, fait recours à des levures qui travaillent à basse température et se déposent au fond de la cuve. Elle s’opère entre 4 et 12 °C avec des levures de type Saccharomyces carlsbergensies dans un processus qui dure 7 à 10 jours.

Les bières issues de cette fermentation sont de type Lager, très rafraichissantes, avec une saveur prononcée du malt et du houblon.

Cette forme de fermentation est très plébiscitée par les brasseurs puisqu’elle permet une meilleure conservation de la bière. En réalité, la température de fermentation fait que les bactéries et les champignons se développent moins. Ainsi, la bière est mieux protégée.

Fermentation spontanée

C’est la plus vieille des méthodes. Elle a été la première à être employée au temps où la culture des levures n’était pas connue et maîtrisée. Contrairement aux bières de basse et haute fermentation, celles-ci ne sont pas produites artificiellement par l’addition de levures. En effet, le moût est abandonné durant une certaine période à l’air libre. C’est alors que des levures sauvages naturellement présentes dans l’air (les levures Brettanomyces bruxellensis et Brettanomyces lambicus) se chargent d’activer la fermentation du moût.

Cette fermentation encore appelée fermentation sauvage ou fermentation naturelle n’est utilisée aujourd’hui que pour la fabrication des bières de types lambics, gueuze ou faro.

Pour finir, la bière à fermentation spontanée n’est brassée que durant les saisons froides généralement entre mi-septembre et mi-mai.

Les différents styles de bière

Il existe une multitude de variétés de bières qu’il convient de connaitre si vous voulez tout savoir sur la bière.

Ale

Famille de bière la plus ancienne au monde, le terme « Ale » est utilisé pour désigner les bières de fermentation haute. Elles sont habituellement riches en houblon et hautement alcoolisées. Elles se déclinent en de nombreuses variantes et se différencient par leur couleur et le type de malt utilisé. Vous aurez par exemple dans cette catégorie : la Scotch Ale, la Pale, la Brown Ale, l’IPA et plus.

Lager

Grand classique dans l’univers de la bière, ce terme désigne les bières à fermentation basse, légère, titrant de 4 à 5 % vol. C’est en Bavière, pendant le XVe siècle, qu’elles sont apparues par un heureux hasard. Ce style de bière peut bien arborer des couleurs blonde, ambrée ou encore plus foncée. Généralement marquées par les céréales, les Lagers sont délicates et sèches avec des notes florales et une amertume légère.

Sa désignation la plus connue est la Pils représentant plus de 90 % de la production mondiale. Il faut souligner qu’il n’existe aucune Lager blanche en raison des levures qui ne s’accordent pas avec un malt fait de froment.

IPA

Elle tient son appellation de son origine qui remonte au XVIIIe siècle et désigne les pâles ales envoyées vers les colonies anglaises en Inde. Les bières IPA sont fabriquées avec un malt pâle et cristal. La couleur des bières India Pale Ale est très variée, mais située entre la dorée et la légèrement cuivrée. En fonction des houblons utilisés, les IPA ont des saveurs fruitées, agrumes, herbacées ou épicées. Ces dernières se combinent d’ailleurs parfaitement à son amertume et rendent cette bière très intéressante.

Porter

Porter est un style de bière très à la mode au 18e siècle chez les brasseurs londoniens. Aujourd’hui encore il est très prisé. Pour sa fabrication, on utilise du malt brun torréfié, un malt aromatique et du houblon amer. Cette bière couleur ébène coiffée d’une épaisse mousse crémeuse appartient à la famille des Ales.

Le Porter possède des notes chaleureuses et ne se consomme pas très frais, mais idéalement entre 10-15 ° C. Son goût contrairement à ce qui se dit ne se limite pas seulement à du chocolat et du café. Vous pouvez y trouver des saveurs plus complexes, notamment des variantes de fumés, de caramel, de vanille ou encore de fruit noir.

Stout

Ce style s’est surtout démarqué grâce à la célèbre bière Guinness. Il est un dérivé de la bière Porter. Le Stout est donc aussi un style de bière de fermentation haute brassée à partir d’un moût avec une teneur en grains hautement torréfiés. Cela lui confère sa couleur sombre. Dans la bouche, on peut distinguer les malts torréfiés. Ces derniers laissent des notes de café, de chocolats et de fruits confits ou de réglisse.

Le Stout est habituellement assez puissant entre 6 % et 12 % de taux d’alcool. Même si ce n’est pas cliché, à la fin, il est généralement sec et plus amer que le Porter. Par ailleurs, il existe aujourd’hui plusieurs variantes du Stout dont :

  • coffee stout
  • breakfast stout
  • imperial stout
  • Irish stout
  • Milk stout.

Vous pouvez même avoir le oyster stout brassé avec des coquilles d’huitres.

Bock

Les bières de style bock sont originaires de l’Allemagne. Blondes ou brunes, elles titrent entre 6,5 et 7 % d’alcool. En matière de goût, elles ne sont pas très puissantes. L’amertume des Bock n’est pas très prononcée et leur corps malté est doux. Il faut noter que ce style de bière a engendré « la double bock » (Doppelbock) et la « bock de glace » (Eisbock).

Bière d’Abbaye

Il s’agit d’une bière belge qui était brassée par des moines religieux et différents des trappistes. De nos jours, elles sont brassées industriellement, mais demeurent sous la licence des abbayes. Cette production respecte un cahier de charge strict. Dans la catégorie des bières d’Abbaye se trouvent des bières dites « « double » » (double en flamand), « triple » » et même « « quadruple » ». Ces termes pour notifier que les brassins ont été réalisés avec 2, 3 ou 4 fois plus de quantité de malt utilisée dans la recette basique. Ces bières d’Abbaye se caractérisent donc par un taux d’alcool supérieur, un corps malté et un arôme remarquable. Comme les trappistes, ce type de bière peut vieillir en bouteille.

Sour

Originaire d’Allemagne et de la Belgique, les Sour bières sont des breuvages avec une acidité très prononcée. Ce sont des bières ayant généralement une faible teneur en alcool. Elles sont souvent parfumées aux fruits (fruit de la passion, agrumes ou fruits rouges). Les Sour bières n’ont donc presqu’aucune amertume. Il existe des déclinaisons de cette bière telles que les Berliner Weisse, les Lambics ou encore les gueuzes.

Bière de garde

Nées dans le Nord en France, les bières de garde sont assez fruitées et épicées avec un degré d’alcool moyen. Il s’agit de bières brassées l’hiver et « gardées » jusqu’à l’été avant d’être consommées. À noter qu’aujourd’hui ces bières sont issues d’une fermentation haute en industrie. Cependant, les brasseries artisanales du nord de la France (Pas de Calais) et du sud de la Belgique produisent toujours d’authentiques bières de garde.

Pilsner

Ce style de bière est très répandu puisqu’elle est considérée comme bière de qualité. En effet, cette bière tire son origine des brasseries de la ville tchèque notamment Pilsen. Les bières de style Pilsner sont des boissons blondes accompagnées d’un bel arôme de houblon et fleuri. Dans la variante allemande, vous remarquerez plus d’amertume et moins de malt.

Comment est faite la bière ?

Pour fabriquer la bière, il faut utiliser les ingrédients précités : l’eau, le malt, le houblon et les levures. Cependant, il faut suivre différentes étapes pour aboutir à l’obtention de cette boisson.

Le maltage

La toute première étape de fabrication de la bière est le maltage. Au cours de cette étape, la céréale (l’orge est le plus souvent utilisée) subit quatre opérations consécutives pour se transformer en grain de malt.

Dans un premier temps, on fait le trempage. Les grains crus sont trempés pendant une durée de 40 h dans de l’eau tiède. C’est au cours de cette étape que le processus de germination sera entamé.

Ensuite, l’orge trempée est exportée dans le germoir pour la germination. Au cours de celle-ci, des radicelles (germes) et les enzymes comme l’amylase vont être produites. À noter qu’en fonction de l’orge, cette étape a une durée d’environ 50 h. Après la germination, on obtient le malt vert.

Dans un second temps, on passe au touraillage. Cette étape consiste à sécher le malt vert (l’humidité de ce dernier passe de 45 % à 4 %) obtenu dans un grand four appelé « touraille ». La température de chauffage est de 40 °C et la durée de séchage est d’environ 30 h. Au cours du séchage, la germination des grains est arrêtée. Ensuite, le malteur procède au « coup de feu » c’est-à-dire qu’il augmente la température du four en chauffant le malt vert jusqu’à une température située entre 85 °C et 105 °C. La durée de cette opération est comprise entre 1 à 4 heures. Il est à souligner que cette étape est très importante puisque la durée du « coup de feu » déterminera la couleur de la bière. Aussi, le taux d’humidité aura un effet sur l’arôme de caramel.

Enfin, on procède au dégermage qui consiste à retirer les radicelles du malt. Le malt ainsi obtenu peut être conservé pendant environ un an.

Le concassage et l’empâtage

Les grains de malt issus du maltage sont concassés pour pouvoir obtenir une mouture. Celle-ci ne doit être ni trop fine, ni trop grosse. Elle doit être ensuite mélangée à de l’eau chaude. Le mélange donne alors un produit qui est appelé « la maische » : c’est l’étape de l’empâtage.

Le brassage

Encore appelé saccharification, le brassage consiste à faire la transformation des sucres complexes (amidon) qui se retrouvent dans le grain en sucres fermentescibles. Cette transformation s’opère par l’action des enzymes contenus dans le malt. Pour faire le brassage, il faut procéder au chauffage de la maische obtenue à l’empâtage. En effet, il y a trois techniques essentielles de chauffage.

La décoction

C’est une technique qui consiste à soustraire une partie du brassin qui est portée à ébullition avant son incorporation à la maische. Cette méthode utilisée est appelée « trempe ». Ainsi, il faut procéder à de multiples trempes pour pouvoir augmenter de manière progressive la température.

L’infusion par palier

Il s’agit d’une technique qui consiste soit à chauffer l’eau mélangée à la maische, soit à ajouter à intervalle périodique de l’eau bien chaude. Cette méthode est très maniable et précise.

l’infusion simple

Cette technique est la plus aisée, car elle consiste juste à chauffer de l’eau qui est ajoutée au malt.

Après le chauffage, on obtient le moût primitif qui est filtré. Le résidu solide obtenu après la filtration (drêche) du moût primitif est recyclé et sert de nourriture au bétail. Le jus issu de la filtration est appelé « moût ». Ce dernier est transformé dans une cuve d’ébullition pendant une durée d’environ 1 à 2 h pour être stérilisé. C’est au cours de cette étape que les brasseurs incorporent le houblon et éventuellement des épices, plantes aromatiques… C’est alors que les saveurs amères de la bière apparaissent. D’ailleurs, la lupuline qui est une résine de couleur jaune est particulièrement responsable de l’amertume de la bière.

La fermentation

L’étape la plus importante dans la fabrication de la bière est la fermentation. C’est lors de cette étape que le style de la bière sera déterminé. Pour ce faire, le moût est refroidi et est transporté dans la cuve de fermentation. Ensuite, il faut procéder à l’ensemencement, c’est-à-dire faire l’ajout de la levure à bière dans le moût. Il faut retenir que les levures se prolifèrent grâce à l’oxygène contenu dans le moût. Toutefois, lorsqu’il y a un manque d’oxygène, les levures se nourrissent des sucres et dégagent l’alcool ainsi que le gaz carbonique. À la fin de la fermentation, le produit obtenu est qualifié de bière verte.

La maturation ou garde

Une fois la bière verte obtenue, elle sera gardée dans des cuves en inox sous pression. Cette opération a pour but d’affiner le goût de la bière. Elle peut durer quelques jours voire quelques semaines. Pour les bières artisanales, il faut envisager une seconde fermentation après cette étape. Ensuite, du sucre et de la levure sont complétés à la boisson afin d’obtenir des bulles.

La filtration

Pour obtenir une bière limpide, l’étape de la filtration finale est importante. Elle consiste à dissocier la bière des levures résiduelles. Cette étape est considérée comme étant capitale parce qu’elle est la toute dernière à suivre avant le conditionnement de la bière.

Le conditionnement

Après avoir obtenu la bière, il faut procéder à son conditionnement. Il existe plusieurs moyens pour le faire, dont les bouteilles, les fûts, etc. Cette dernière étape se fait à froid (0 °C) pour réduire au maximum l’apparition de mousse au cours du remplissage. Aussi, afin d’éviter la désaturation de la bière, il faut faire le conditionnement sous pression.

Est-ce que la bière fait grossir ?

Il n’est pas rare d’entendre que la bière favorise la prise de poids. Aussi, certains amateurs qui consomment régulièrement cette boisson ont un ventre gonflé. Cela soutient alors l’affirmation selon laquelle la consommation de la bière fait grossir. Pour aboutir à une conclusion, il faut partir de quelques questions pour des réponses précises.

Est-ce que la bière est une boisson hypercalorique ?

En effet, on retrouve une certaine quantité de calories dans la bière. Ceci est principalement dû à la présence d’alcool. Lorsqu’on la consomme, on retrouve en moyenne 37,3 calories par verre de 100 ml. Néanmoins, la bière demeure la boisson alcoolique renfermant le moins de calories.

Cependant, même si la bière est une boisson légère, rafraichissante et peu calorique, il est nécessaire de garder une certaine vigilance en ce qui concerne la quantité consommée

En effet, il n’est pas parfois évident de limiter sa consommation de bière à 100 ml en une soirée ou au cours d’un événement spécial. De façon générale, la vente de cette boisson est faite sous forme de pinte, ce qui équivaut à 473 voire 500 ml s’il s’agit de pintes françaises. Il faut donc comprendre par là que l’apport calorique ne se limite donc pas à 37,3. Il peut s’élever jusqu’à 186,5 et plus encore puisqu’on ne peut se limiter à une pinte !

Est-ce que la bière fait gonfler le ventre ?

À cause de sa teneur en CO2, la bière a une forte tendance de faire gonfler le ventre. Pour mieux expliquer, après avoir consommé de la bière, le processus de fermentation et de libération de gaz est enclenché au cours de sa digestion. Cela entraine par la suite, des sensations de ballonnement qui ne sont pas du tout agréables. De même, une distension de l’estomac est également remarquée et ceci aggrave beaucoup plus la sensation de faim. En dépit de ces explications, il est tout de même possible d’affirmer que le redoutable « ventre à bière » demeure un mythe. En réalité, n’importe quel liquide dont l’eau peut provoquer le gonflement du ventre.

En revanche, si elle est consommée en grande quantité, la bière est une boisson alcoolisée dont le stockage de calorie se fait sous forme de graisse au niveau du ventre.

Le « ventre à bière » n’est-il pas dû aux habitudes alimentaires ?

La bière étant faible en calories, elle ne fait pas grossir si elle est consommée avec modération. Par contre, les habitudes alimentaires favorisent la prise de poids. Par exemple, certaines personnes en voulant prendre l’apéro se jettent sur les petits fours, les chips, la charcuterie, les fromages et autres, d’où l’apparition des kilos excessifs. Par ailleurs, d’après une étude publiée dans l’European Journal of preventive cardiology en 2015, il a été remarqué que les grands consommateurs de bière sont des sédentaires. De ce fait, la prise de poids est inévitable.

Quelles sont les marques de bière les plus connues au monde ?

Le marché de la bière est en plein essor. Il existe plusieurs brasseries dans le monde, les unes plus célèbres que les autres. Parmi elles, on retrouve certaines qui sont très connues dans le monde entier.

Snow

D’origine chinoise, Snow fait partie des meilleures marques de bières les plus connues dans le monde. En effet, à l’opposé des grandes marques qui existaient, cette bière apparue en 1996 a réalisé un exploit grandiose. Elle a dépassé la barre des 100 millions d’hectolitres vendus.

Heineken

L’une des plus célèbres marques de bière connue dans le monde est Heineken. C’est en 1873 que Gerard Adriaan Heineken fonde sa brasserie à Amsterdam aux Pays-Bas. Aujourd’hui, elle fait partie des bières les plus appréciées des Français. Pour preuve, en 2017, sa consommation est estimée à plus de 34 millions.

La Leffe

Faisant partie des marques les plus antiques du monde, la Leffe est une bière belge qui était brassée par les moines dans une abbaye. Dans le temps, elle avait un caractère médical parce qu’il y avait une méfiance en l’eau. Les médecins conseillaient donc de préférer cette boisson à l’eau. Suite à plusieurs intempéries, l’abbaye fut vendue et reprit la production de Leffe en 1952. Aujourd’hui, cette bière connait un succès impressionnant.

Grimbergen

Créée par Norbert de Xanten, Grimbergen est une autre bière belge brassée également par une abbaye. En effet, les moines norbertins avaient jouxté à leurs activités religieuses, le brassage d’une bière foncée. Pendant des siècles, la recette de cette bière a été transmise et est d’ailleurs encore utilisée jusqu’à ce jour.

Kronenbourg

Kronenbourg est l’une des marques de bières les plus connues. Fondée par le jeune tonnelier-brasseur Jérôme IV Hatt, cette bière est la plus consommée en France. De plus, sa brasserie figure parmi les plus grandes en Europe. C’est une bière qui a su s’accorder avec la révolution industrielle tout en adaptant sa production.

Guinness

Bière irlandaise fondée par Arthur Guinness en 1759, elle est de nos jours une marque incontournable dans l’univers des bières. Même si les Anglais sont déjà habitués au stout, il est souvent dit que c’est la Guiness qui l’a rendu encore plus populaire.

Hoegaarden

Existant depuis le moyen-âge, Hoegaarden est aussi l’une des bières ayant une renommée mondiale. Elle a vu le jour en 1966 sous la direction de Pierre Célis. C’est une bière belge qui doit son nom à un petit village du pays, qui avait de multiples brasseries.

Il existe également d’autres marques de bières qui sont très plébiscitées telles que : Budweiser, Calsberg, Van Pur, 1664, Skol, etc.

Comment brasser sa propre bière ?

Savez-vous que vous avez la possibilité de devenir le Bacchus de votre famille ou de vos amis qui aiment consommer la bière ? La production de la bière peut se faire chez vous. Elle est simple, pas coûteuse et surtout très ludique.

Avant de commencer le brassage, vous devez vous assurer d’avoir tout nettoyé proprement et mesurer tous les ingrédients. La propreté est capitale pour la réussite de l’opération. Après avoir passé cette étape préliminaire, vous allez procéder au brassage de votre bière. Pour ce faire, vous devez respecter chaque étape pour avoir un bon breuvage.

Préparez le moût

Pour cette phase de la préparation, vous devez tremper vos graines. Il faut mettre le malt et les grains spéciaux dans un sachet d’empâtage et les tremper dans la cuve de brassage. Vous aurez besoin de 10 l d’eau chaude (65 °C). La durée du trempage est de 30 min environ.

Après cela, enlevez le sachet du malt et laissez le jus sucré s’écouler de ce dernier pour aller dans la cuve. Vous devez éviter de presser le sachet, car des tanins peuvent être libérés et le goût de votre bière sera âpre.

Pour la phase suivante, chauffez correctement et mettez le liquide obtenu à ébullition. À cette étape, vous pouvez ajouter le houblon. Ce dernier est généralement ajouté à intervalles réguliers afin d’apporter du goût, de l’amertume ou des arômes. Il est à noter que lorsque le houblon est ajouté tôt, la bière aura un goût plus amer avec une saveur et un arôme légers. Par contre, ajouté tard, vous aurez une saveur plus prononcée et plus d’arôme, mais l’amertume de votre bière ne sera pas au top. Pour avoir un bon style de bière, vous retrouverez les intervalles de temps dans les instructions de kits.

Refroidissez le moût

Après l’avoir porté à ébullition, il est nécessaire de refroidir le moût le plus rapidement possible. Vous pouvez mettre le pot dans un évier ou une baignoire contenant de l’eau glacée. Remuez légèrement en évitant d’aérer, puis transférez le liquide dans le fermenteur à 27 ° C. Après avoir fermé le fermenteur, vous devez fixer un barboteur sur le haut du couvercle. Ensuite, placez le fermenteur dans un endroit obscur avec une température statique (12 °C pour les lagers et 18 °C pour les ales).

Vous remarquerez des bulles sur le barboteur après 24 h. Il faut conclure qu’il y a un problème de fermentation si vous n’observez rien au cours de 48 h. Par ailleurs, au bout de 10jours, vous observerez une diminution de l’activité au niveau du barboteur. Il est donc temps de passer au conditionnement de votre bière.

Passez à la finition

Il faut ajouter que si vous voulez avoir des bulles, vous pouvez ajouter du sucre. Ce dernier est bouilli dans l’eau, refroidi et versé dans un seau vide et propre. Pour cette dernière étape, il faut :

  • transférer la préparation dans le seau de sucre à l’aide d’un tuyau en plastique (faites le plus doucement possible pour éviter toute aération)
  • attacher votre remplisseur de bouteille au bout du tuyau du robinet
  • faire la mise en bouteille
  • mettre les bouteilles dans un endroit chaud (18 °C à 22 °C).

Après cette dernière étape, une refermentation aura lieu et vous devez stocker les bouteilles remplies pendant au moins une semaine voire deux. Il faut noter que ceci se fait à température ambiante.

À présent, votre bière est prête et il ne vous reste plus qu’à la savourer.

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