Armagnac

Armagnac

L’armagnac est une eau-de-vie d’origine française produite depuis plus de 700 ans. La production est faite dans certains départements en particulier qui appartiennent tous à l’ancienne province d’Armagnac. Il est obtenu après distillation du vin blanc sec et doit titrer au moins 40 % d’alcool en volume.

Très aromatisé, il se boit souvent dans un petit verre dont le col est renfermé pour que les arômes se concentrent. Quand on chauffe légèrement le verre, les arômes se concentrent davantage pour une meilleure dégustation.

L’armagnac se prête aussi très bien à la réalisation de différentes recettes de cocktails. Peut-être en avez-vous déjà goûté dans un de vos verres sans vous en rendre compte. Voici un guide pour tout savoir sur cette boisson alcoolisée très prisée en France et dans le reste du monde.

Qu’est-ce que l’armagnac ?

L’armagnac est la plus vieille eau-de-vie de France. C’est une boisson alcoolisée obtenue après distillation de vins blancs secs provenant de 3 régions du pays que sont le Bas Armagnac, le Haut Armagnac et Ténarèze. Les premières gouttes du précieux liquide ont été obtenues dès le XIVe siècle par des moines de Gascogne.

Plus tard, la boisson a été exportée vers les autres pays d’Europe grâce aux navigateurs hollandais. Il faudra attendre 1909 pour que le décret délimitant les zones de production de l’armagnac soit signé. Ce n’est qu’en 1936 que finalement, les conditions d’obtention de l’Appellation d’Origine Contrôlée (AOC) Armagnac ont été clairement définies dans un autre décret.

Ce décret autorise l’utilisation de 10 cépages pour la production de l’armagnac encore appelée « eau-de-vie gasconne ». Les plus importants de ces cépages sont l’Ugni blanc qui est utilisé dans 55 % des cas de production, et le Baco 22 A qui est utilisé par 35 % des producteurs d’armagnac. À part ces 2 cépages majoritaires, on distingue le Colombard et la folle blanche qui sont utilisés quelques fois.

Les autres cépages à savoir la Clairette de Gascogne, le Jurançon blanc, la Blanquette grise, le Plant de graisse, le Meslier Saint-François et le Mauzac blanc sont très rarement utilisés pour la production de l’eau-de-vie, mais sont autorisés par l’AOC armagnac.

Comment est fait l’armagnac ?

Pour la production de l’armagnac, certaines conditions doivent être respectées. Il s’agit tout d’abord du cépage et ensuite de l’alambic à utiliser pour la distillation. Il est également recommandé de procéder à la distillation dans un délai de 3 mois après la récolte. Les différentes étapes de la production de l’armagnac sont les suivantes :

La distillation

L’AOC exige l’utilisation de seulement deux types d’alambic pour la production de l’armagnac. Il s’agit de l’alambic armagnacais qui permet une distillation continue du vin permettant d’obtenir un liquide entre 42 et 62 % d’alcool. L’autre type d’alambic autorisé est un modèle en cuivre pur disposant de 2 ou 3 chaudières superposées.

Dans ce cas, les vapeurs issues de la distillation du vin blanc sec traversent l’alambic à contre-courant pour s’imprégner des saveurs du vin ; ce qui donne au liquide obtenu une saveur particulière caractéristique de l’armagnac. Avec ces alambics, vous pouvez obtenir un armagnac titrant jusqu’à 72 % d’alcool.

Le premier vieillissement

À la fin de la distillation, l’eau-de-vie obtenue est récupérée dans des fûts neufs en bois de chêne pouvant contenir jusqu’à 420 litres. À ce niveau, le liquide va s’imprégner des tannins du chêne, de ses saveurs aromatiques et prendre aussi sa couleur caractéristique. Le premier vieillissement peut durer entre 6 et 12 mois.

Au cas où la couleur ne serait pas très prononcée, des copeaux de chêne peuvent être ajoutés au fût pour renforcer la coloration de l’armagnac. De la même façon, le producteur pourra ajouter des colorants naturels ainsi que des arômes supplémentaires.

Le deuxième vieillissement

Après ce premier vieillissement, l’armagnac est récupéré dans des fûts de chêne épuisé, c’est-à-dire des fûts qui ont longtemps servi et qui n’ont plus de couleur ni de tannin. À ce niveau, l’armagnac va lentement s’adoucir en devenant moins alcoolisé et en concentrant plus les arômes.

Généralement, le l’eau-de-vie va perdre 1,5 % d’alcool par an de séjour dans ces fûts. Ceci dépend évidemment des conditions de stockage comme l’hygrométrie de la zone. Tout le processus de vieillissement dure généralement 3 ans au minimum avant la mise en consommation de l’armagnac.

La dilution de l’armagnac

Pour réduire le taux d’alcool de l’armagnac à un niveau acceptable, de l’eau distillée mélangée à du vieux armagnac peut être rajouté. Ce mélange, encore appelé « petites eaux » sert à ramener la boisson à 40 % d’alcool.

L’assemblage

C’est une étape cruciale de la production de l’armagnac. Le maître de chais, fera des mélanges d’armagnacs issus de différents cépages et de différents âges pour obtenir un produit final qui représente l’identité de la maison.

L’expertise et surtout l’expérience de ce dernier permettra d’obtenir un mélange constant à chaque production. L’assemblage a lieu lorsque le maître de chais décide que l’armagnac a déjà assez vieilli. Selon le producteur, l’armagnac peut durer entre 0 à plus de 20 ans avant la mise en vente.

Quels sont les différents types d’armagnac ?

En se basant sur le domaine où l’eau-de-vie a été produite, on distingue 3 types d’armagnac.

  • Le bas-armagnac, produit à l’ouest du département du Gers et sur celui des Landes ;
  • L’armagnac-ténarèze est celui qui est produit au nord du département de Gers et sur celui du Lot-et-Garonne ;
  • Le haut-armagnac, produit sur les autres parties des départements concernés.

Quelques fois, mais rarement, vous rencontrerez de l’armagnac blanc, translucide qui est produit dans les aires de production concernées mais qui n’a pas vieilli dans un fût en bois de chêne.

Les bienfaits de l’armagnac

Dans un ouvrage paru entre 1307 et 1313, Vital Dufour un prieur qui habitait Eauze dans le Gers, affirmait que l’armagnac n’avait pas moins de 40 vertus. Selon le moine, l’armagnac « arrête les larmes de couler », « aiguise l’esprit si on prend avec modération » et « guérit les hépatites si on en boit avec sobriété ».

Il déclarait également que l’armagnac « délie la langue et donne l’audace au timide ». Beaucoup de vertus sont donc prêtées à cette eau-de-vie qui depuis 700 ans éveillait les papilles des consommateurs de France comme de partout ailleurs dans le monde.

Les données sur la production de l’armagnac

Selon le Bureau National Interprofessionnel de l’Armagnac, il y aurait environ 850 détenteurs de stocks d’armagnac en France. Une grande partie de ce stock est détenue par des producteurs et le reste par des négociants du secteur.

En tout, 2420 hectares de vigne (ensemencer) sont emblavés pour la production de cette boisson. Pour l’année 2020, environ 19 000 hectolitres de vin ont été distillés en France. En ce qui concerne le stock d’armagnac, il s’élève à environ 160 000 hectolitres répartis comme suit :

  • 37% constitué de boissons de 0 à 3 ans
  • 27% de boissons de 4 à 9 ans
  • 14% de boissons de 10 à 19 ans et
  • 22% de boissons de plus de 20 ans d’âge
  • Sur toute la production nationale d’armagnac, environ le tiers est destiné à l’exportation hors de France. Ceci représente environ 1,8 millions de bouteilles pour un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros.

Les cinq pays qui importent le plus l’eau-de-vie gasconne sont dans l’ordre la Chine, la Russie, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’Allemagne. Sur la production totale annuelle, un autre tiers est consommé en France et le reste est conservé.

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